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Posté par le dans Education - Famille
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Petites et GRANDES colères du quotidien : CR de la conférence

Petites et GRANDES colères du quotidien : CR de la conférence

COMPTE-RENDU

CONFERENCE DE SANDRINE DONZEL

« Petites et GROSSES colères du quotidien »

LE 7 AVRIL 2016, à la MJC

«Toutes les émotions sont légitimes, mais tous les comportements ne sont pas acceptables» - Dr Haim Ginott

NOTE DES AUTEURES du CR : ce CR émane des notes prises pendant la conférence. Difficile d’être exhaustives face à la densité d’informations que nous avons entendues et d'être 100% fidèles du fait de nos biais cognitifs ! Que de pépites et de petites graines qui vont germer tranquillement ! Alors n’hésitez pas à le compléter ci-dessous. Il n’en sera que plus complet !

1. Quelles sont les principales émotions ?

On peut en distinguer 4 principales : COLERE / JOIE-PLAISIR / PEUR/ TRISTESSE

Certains en distinguent davantage mais on peut considérer que les autres émotions découlent de ces 4 émotions principales.

Les émotions sont UTILES. Elles fournissent une information capitale à notre cerveau. Bien écoutées, elles servent à s'adapter à toutes les situations. C'est un processus spontané, c’est à dire que c’est hors de notre contrôle volontaire. Nous ne pouvons pas décider de ne pas les ressentir. Par conséquent, l'enfant (ou l’adulte) ne décide pas de se mettre ou non en colère.

2. Qu'est ce que la colère ?

La colère est la seule émotion qui nous amène vers un changement, qui nous amène à réfléchir sur ce qui ne va pas et à induire une modification. C’est donc une émotion très constructive.

Sous le coup de la colère : on a des sensations physiques désagréables. La colère provoque une confusion mentale. Elle peut provoquer des comportements irrationnels.

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L'émotionnel et l'intellect sont en équilibre. L'émotionnel n'empêche pas la réflexion, la prise de recul. Le cortex préfrontal est « connecté ». L'émotionnel prend le pas sur l'intellect, on est en réaction et en incapacité de réfléchir et de prendre les bonnes décisions. Le cortex préfrontal est « déconnecté ».

INFO : Jusqu’à 25 ans, le cortex (partie du cerveau qui permet de raisonner, de penser, de décider) et le cortex pré-frontal (siège des fonctions supérieures du cerveau, permet la régulation des émotions, la moralité, la prise de décision, l’organisation, la logique), ne sont pas totalement connectés au tronc cérébral (cerveau moyen) qui est le siège des émotions et des réactions en cas de stress soit l’attaque, l’immobilisation ou la fuite (très utile au temps des mammouths ;-)). Courage….

3.Dissiper la confusion entre colère et violence

Nous avons tendance à confondre violence et colère.

La violence est un comportement, ce n'est pas une émotion.

La violence est le signe que je m'épuise à faire quelque chose d'inefficace.

Il y a violence (physique ou verbale)quand on se sent impuissant à changer les choses.

Il est donc important de détecter les signes avant-coureurs (tension dans le cou, chaleur qui monte, crispations dans les membres etc…) pour éviter de basculer de la colère à la violence.

4.Comment apprendre à gérer ses émotions ? = Comment revenir à l'état d'équilibre Emotionnel / Intellect ?

PREAMBULE : Ce qui est bon à savoir en tant qu’adulte

INFO 1.     La compréhension intellectuelle ne suffit pas. De même qu'un fumeur sait tous les travers de la cigarette (santé, gouffre financier, impact environnemental...,) et n'arrête pas de fumer pour autant, l'enfant connaît les conséquences de sa colère sans pouvoir agir pour/ contre ce travers.

Il est donc important, en tant qu'adulte, de comprendre que ce n'est pas parce qu'un enfant sait qu'il ne faut pas se mettre en colère qu'il le fait.

INFO 2.     Savoir garder sa position d’adulte. En cas de conflit, ce n’est pas l’enfant qui sera en capacité de dire « Cher Père, Chère Mère, notre relation part sur de mauvaises bases… ». Son cerveau n’est pas « câblé » pour prendre du recul (voir article sur la conférence de Mitsiko Miller ICI). C’est donc à l’adulte de le faire et ne pas surenchérir la colère de l'enfant par des mots, des actes. C'est à l'adulte de gérer et de prendre de la distance, de la hauteur, et d'aborder la situation sous un angle plus constructif et aidant pour l'enfant.

INFO 3.     Se poser la question du CONTEXTE. Souvent nous sommes en colère contre un enfant ou nous perdons patience. On se décharge sur l'enfant qui n'est pourtant pas l'unique responsable : c'est l'effet « carte de fidélité ». Le matin, on voit des chaussettes qui traînent (1ertampon), 5 minutes plus tard le voisin nous casse les pieds (2ème tampon) et ainsi de suite jusqu'à la fin de la journée : la carte se remplit d'événements contrariants. La carte de fidélité ayant été toute remplie, on s'en prend à la dernière personne ou à la plus vulnérable : l'enfant qui porte tout le poids de ce qui nous a exaspéré tout le long de la journée. Soyons lucides sur les déclencheurs non reconnus de notre colère.

Carte de Fidélité de Mme ou M DUPONT

INFO 4.     Etre parent c’est :

  • Etre disponible 24H/24
  • Savoir gérer l’imprévisible
  • Absence de contrôle
  • Avoir une faible reconnaissance
  • Avoir des responsabilités importantes
  • Peu ou pas de formation

--> Avec ces 6 critères, dans le monde du travail, ce poste serait considéré à « fort risque de burn-out » et serait suivi de près (formation, repos sup etc…).

Ca aide à se déculpabiliser !

Maintenant, l’enfant apprenant par l’exemple, c’est à nous de montrer comment faire. L’enfant a besoin d’apprendre à décrypter ses émotions, à les apprivoiser pour en comprendre le message (ex du petit monstre).

L’adulte doit donc apprendre à déceler les signes qui annoncent qu’il va basculer de la colère à la violence (voir ci-dessus). En mobilisant son cerveau sur des choses rationnelles, le cortex préfrontal se « reconnectera », ce qui permettra la prise de recul nécessaire pour accompagner l’enfant dans la gestion de son émotion.

Ex : se concentrer sur ses sensations physiques (chaud, picotements etc…), regarder précisément comment l’enfant est habillé, compter à rebours etc… chacun son truc ;-)

Puis, pour aider l’enfant à revenir à l’équilibre, nous pouvons nommer son émotion et le faire verbaliser ce qui ne va pas.

Tout ce qui ne parle pas de l'émotion qui s’exprime, augmente cette émotion. Un peu comme si on mettait un couvercle sur une casserole qui déborde !

Une fois exprimée, elle a moins lieu d'être et peut partir plus facilement.

Exemple du Gâteau au chocolat : De même que si on minimise notre désir par des commentaires du genre « c'est pas grave, il n'y en a plus» « c'est pas l'heure», cela va engendrer chez nous de la colère, de la frustration. En mettant des mots sur notre désir, l'intellect reprend sa place.

Nommer le sentiment n’accentue pas ce dernier, bien au contraire. Il donne à l’enfant le vocabulaire qui va avec ce qu’il ressent. Il lui donne des informations nécessaires à la construction de son intelligence émotionnelle.

Il faut avoir conscience qu'espérer provoquer un changement de comportement de son enfant par la punition (à différencier de la sanction) ou le geste violent ne sert jamais.

Ce qui sert au contraire :

- responsabiliser l'enfant

- valoriser le comportement positif

5.Des pistes pour établir des rapports constructifs

a) Apprendre à poser ses limites efficacement

C’est à dire éviter de donner des ordres par une phrase à la négative et vague

Ex : au lieu de « ne va pas jouer là » dire « va jouer dans cette partie entre les arbres et le mur ».C'est plus clair et l'enfant n'a pas la curiosité, n'est pas tenté, d'aller jouer à l'endroit interdit, qui n'existe virtuellement pas.

Donc formuler ses demandes par une phrase affirmative et précise le plus possible.

De même qu'on doit porter son attention sur ce qui va et pas sur ce qui ne va pas.

b) Encourager les petits pas

Il est important de toujours valoriser les efforts positifs de l’enfant, même si cela n’est pas encore comme on aimerait que ce soit ;

c) Apprendre à respecter l'autonomie de l'enfant 

Plus un enfant est responsable de lui-même, plus il s'implique: il fait les choses pour lui.

Plus il a la sensation de n’avoir aucun contrôle sur la situation, plus il aura envie de s’opposer.

Il est donc intéressant de proposer des choix plutôt qu'ordonner des choses.

Ex : « Tu préfères prendre ta douche avant ou après te détendre ¼ d'heure ? »

Plus l'enfant peut dire « JE », moins il dira « NON »- Isabelle Filliozat

d) S’accorder le droit de ressentir.

Exprimer son désaccord sans attaquer l’autre, en parlant en « JE », sans culpabiliser l’enfant. (Voir Communication Non Violente)

e) Apprendre à se dire « stop » et connaître ses limites pour les faire comprendre à l'entourage.

Confucius disait : « Espérer le meilleur, Préparer le pire, prendre ce qui vient ».

Il n’y a pas de bonne façon de faire quelque chose qui ne fonctionne pas.

f) Faire attention au contexte et aux biais cognitifs

g) Aider l’enfant à exprimer sa colère sans violence

-      montrer l’exemple…

-      gribouillages qui représentent la colère

-      faire un câlin

-      lui dire avant ce qu’il peut faire quand il sent qu’il va être débordé par la colère car quand le cerveau « déborde », il fonctionne en réflexe (ex : vient me voir, tape sur un coussin de colère, gribouille etc…)

-      créer un coin, pas de punition, mais un coin où il peut aller s’apaiser (avec des livres, des coussins etc…)

En conclusion

LA COLERE EST UNE INCONNUE QUI NOUS VEUT DU BIEN.

C’est un moteur puissant et positif.

Extrait du livre du Dr Haim G.Ginott, Entre Parent et Enfant (p.64-65)

« Dans notre enfance, on ne nous a pas appris à considérer la colère comme un phénomène normal de la vie. On nous a appris à nous sentir coupables d’éprouver de la colère et d’avoir honte de l’exprimer. On nous a fait croire qu’être en colère, c’est être méchant. La colère n’était pas une simple infraction : c’était un crime. Avec nos enfants, nous essayons d’être patients ; en fait, si patients que tôt ou tard nous explosons. Nous avons peur que notre colère puisse nuire à nos enfants, alors nous la retenons, comme un plongeur retient son souffle. Toutefois, dans un cas comme dans l’autre, la capacité de rétention est limitée.

Tout comme un rhume, la colère est un problème récurrent. On n’aime pas ça, mais on ne peut faire comme si elle n’existait pas. On peut en avoir une connaissance intime, mais on ne peut pas prévenir son apparition. La colère se manifeste lors de situations prévisibles ; pourtant elle nous semble toujours soudaine et inattendue. Et même si elle ne dure pas longtemps, elle semble éternelle sur le moment.

Quand on se met en colère, on agit somme si l’on avait perdu la tête. On dit et on a fait à nos enfants des choses qu’on hésiterait à infliger à un ennemi. On hurle, on insulte, on agresse. Quand la crise est passée, on se sent coupable, et on prend la ferme résolution de ne jamais recommencer. Mais inévitablement, la colère frappe de nouveau, annulant nos bonnes intentions. Une fois de plus, on se déchaîne sur les personnes au bien-être desquelles nous avons consacré notre vie et notre fortune.

Les résolutions de ne plus se fâcher sont inutiles. Elles ne font que jeter de l’huile sur le feu. Tel un ouragan, la colère fait partie de la vie ; il faut la reconnaître et s’y préparer. Tout comme un monde qu’on voudrait en paix, un foyer paisible ne dépend pas d’une soudaine modification du degré de bienveillance de la nature humaine. Il repose que des procédures appropriées qui réduisent méthodiquement les tensions avant qu’elles mènent à des explosions. Les parents en bonne santé émotionnelle ne sont pas des saints. Ils sont conscients de leur colère et ils la respectent. Ils utilisent leur colère comme une source d’information, une indication de leur bienveillance. Leurs paroles sont en accord avec leurs émotions. Ils ne cachent pas leurs sentiments. »

// Bibliographie

Entre Parent et Enfant, Dr Haim G. Ginott

Eloge de la lucidité, Illios Kotsou

// POUR ALLER PLUS LOIN 

Ateliers Faber & Mazlish, issus de travaux du Dr Haim Ginott

Ateliers Thomas Gordon

Ateliers des Parents

Ateliers de discipline positive

Etc…

La Communication Non Violente développée par Marshall Rosenberg

Toute la littérature d’Isabelle Filliozat

Les articles de Sandrine DONZEL sur son blog : blog.scommc.fr

Le fonctionnement du cerveau, en version simplifiée et ludique :

https://www.youtube.com/watch?v=5zxJ-KG6cZM
https://www.youtube.com/watch?v=9aONSCU9v_w

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Après l’arrivée de notre premier enfant, je me suis vite aperçue que la théorie pouvait parfois être bien loin de la pratique…
Les habilités des ateliers FABER & MAZLISH , la CNV, la connaissance des neurosciences et des rencontres enrichissantes m'aident dans mon quotidien à mieux communiquer.
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Invité mercredi, 14 novembre 2018